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Christophe Muzungu Kebemba : « Le Contexte national au Congo est sublimé par la quiétude et la paix »

PR Denis Sassou N’Guesso ————/Par Driss Senda
PR Denis Sassou N’Guesso ————/Par Driss Senda

L’année 2022 a connu de nombreux rebondissements au plan international au point où l’on peut se poser la question de savoir comment devrait fonctionner le monde en 2023 ?

Les questions de paix et de sécurité, d’éducation et de santé, d’économie, des énergies renouvelables et de l’environnement, du commerce et et de l’agriculture ont fait l’objet de plusieurs réflexions et décisions ou engagements,lors des sommets internationaux, devenant ainsi la toile de fond des sujets du monde dans lequel la survie de l’espèce humaine est menacée.

En scrutant ces réalités à différents niveaux, le Doyen du corps diplomatique au Congo Brazzaville, M. Christophe Muzungu, ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la RDC au Congo qui est intervenu lors de la présentation des vœux au Président du Congo, Monsieur Denis Sassou N’Guesso, a eu le mot juste,à propos.
Malgré l’accélération de l’histoire du monde et un contexte international embuant « de nombreux défis et perspectives qui attendent votre pays le Congo Brazzaville exigent la mobilisation du peuple congolais et son gouvernement autour de votre leadership. Je souhaite au nom du corps diplomatique les vœux les meilleurs à votre Excellence et à votre très chère Epouse », a t-il déclaré, avant d’ajouter que le « Congo a marqué son engagement sur la scène internationale et affirmé sa position sur les questions majeures de l’heure sous la haute impulsion du Président Denis Sassou N’Guesso».

Sorti d’une difficile crise économique aggravée par la pandémie à Covid-19, le Congo poursuit son « processus de redressement progressif de l’économie grâce à une croissance de 2,6% en 2022, alors que celle-ci était de -6,1% à peine en 2020.
Les efforts de restructuration de cette économie et les réformes qui touchent à l’amélioration du climat des affaires traduisent la maturité d’un peuple qui a su consentir à d’immenses sacrifices.

Le gouvernement et le peuple congolais ont cru au sursaut national grâce à l’appui de facilité de crédit d’environ 455 millions de dollars obtenu du FMI et déclencheur d’une nouvelle dynamique économique.

C’est le fruit d’une politique économique qui allie amélioration du climat des affaires et réformes de tout l’appareil d’Etat. Le Congo mise sur un développement inclusif et le programme de société du Président congolais, « Ensemble poursuivons la marche », qui s’appuie sur une politique de diversification de l’économie. Celle-ci est sous-entendue par une politique agricole qui vise à réduire les importations de vivres dont la facture annuelle est de plus de 700 milliards de Fcfa et à l’exploitation des 10 millions d’hectares de terres arables, l’objectif étant de contribuer à environ 10% à la croissance économique annuelle.

Il s’agit donc de développer une économie libérale selon un Plan national de développement (PND) 2022-2026 qui se structure en six axes thématiques majeurs que met en œuvre le gouvernement Makosso, au-delà de son coup de financement de près de 10.000 milliards de Fcfa.

« Il faut convaincre les investisseurs à investir au Congo grâce à l’amélioration du climat des affaires » et aussi par une politique très osée de partenariats publics -privés, a clamé Denis Sassou N’Guesso devant les corps constitués nationaux et les forces vives de la nation, le 7 janvier 2023. Le Congo venait de se doter à juste titre d’une loi sur les contrats de partenariat public-privé en fin d’année 2022.

Mais quel sens peut-on donner à ces progrès remarquables d’une économie qui retrouve sa vitalité même si beaucoup reste à faire, si au plan international, la parenthèse entre deux néants ( insécurité et explosion alimentaire) demeure ouverte?

Le Congo et sa stratégie de paix en Afrique et dans le monde

En effet, la stabilité de l’Afrique et son image dans un monde en pleine ébullition, avec une certaine rélocalisation de zones d’influence qui ne manquent pas de provoquer des malheurs sur des populations à travers le monde a été au centre des sujets d’interêt commun qui ont focalisé l’attention du Président congolais, Denis Sassou N’Guesso et ses homologues dirigeants africains.
Il a déployé une activité diplomatique l’ayant conduit à participer ou organiser diverses rencontres sur les questions de paix, de développement et de lutte contre le réchauffement climatique et surtout le terrorisme qui gangrène une bonne partie du Sahel, en Afrique.

Le Mali, le Niger, le Tchad, la République démocratique du Congo et surtout la Libye en sont des illustrations des faits de menaces de souveraineté ou d’effondrement étatiques pour certains, d’attaques terroristes et/ou d’immixtion des puissances extérieures à travers leur ingérence dans les affaires africaines.

Christophe Muzungu Kebemba

On notera d’importantes et nombreuses rencontres où Denis Sassou N’Guesso s’est montré très actif. Notamment, celle de la Communauté économique des États d’Afrique centrale (CEEAC) de janvier 2022 au lendemain de l’entrée en vigueur du traité de cette institution sous régionale; du mini-sommet sous régional sur la paix et sécurité régionale, du 11 février 2022 dans la ville d’Oyo, à 410km au nord de Brazzaville; la participation du Congo au 6ème sommet Union européenne – Afrique sur la stabilité de l’Afrique, avec un accent sur le changement climatique en date du 18 février 2022 à Bruxelles; son intervention lors du sommet de l’Union Africaine sur le terrorisme et les changements anticonstitutionnels des régimes dans les pays d’Afrique à Malabo en Guinée équatoriale en mai 2022; la conférence de la CEEAC du 25 octobre 2022 à Kinshasa sur la transition politique au Tchad; l’implication du Congo dans le règlement du grave conflit frontalier qui oppose la RDC et le Rwanda après mort d’hommes causée par la milice M 23 depuis novembre 2022; la participation du Congo au sommet de Chamal Sheikh sur la Cop 27 où le Président congolais a lancé l’appel pour une «décennie d’afforestation » à l’échelle mondiale et le Congo devrait d’ailleurs se mouler dans cette dynamique dès février 2023, en lançant cette initiative, avec la participation des trois bassins forestiers de la planète (bassin du Congo, d’Amazonie et Mékong); la participation du Congo au sommet USA-Afrique du 13 décembre 2022 qui a réuni plus d’une quarantaine des chefs d’Etat africains et le dirigeant américain Joe Biden sur la nouvelle politique de coopération entre l’Afrique et les États-Unis ( paix et sécurité, santé, économie, Energies renouvelables et environnement, commerce et agriculture). On retiendra que les États-Unis se sont engagés à investir pour 55 milliards de dollars d’aide en Afrique pendant 3 ans.

Tout ceci explique la vision de « diplomatie d’équilibre » à travers laquelle Denis Sassou N’Guesso s’est toujours fait le porte-étendard des intérêts d’Afrique dans les grandes rencontres internationales.
Et pour mettre en relief les efforts accomplis depuis le démarrage de son mandat présidentiel depuis mars 2021, Denis Sassou N’Guesso qui s’est réjoui de l’honneur que lui ont fait les ambassadeurs et représentants des institutions internationales au Congo.

« Notre attachement indéfectible de préservation de la paix nous amène à réitérer nos engagements dans la politique de bon voisinage, l’amitié et la solidarité entre les peuples du monde », a répondu le Chef de l’Etat congolais, le 6 janvier 2023, au Doyen du corps diplomatique. Il croit ‘’en la promotion du multilatéralisme, en la résolution des conflits par le dialogue et la médiation afin de préserver la paix dans le monde’’. Il s’agit là des axes majeurs de la politique d’ouverture du Congo à l’Afrique et au monde. Et c’est pourquoi, le Congo en sa qualité de membre du Conseil de sécurité de l’Union africaine suit avec beaucoup d’attention l’évolution des crises qui surgissent sur l’ensemble du continent africain et dans le monde.

Autour des réalités africaines sur la questions de paix, Denis Sassou N’Guesso estime que parler de la vision de paix sans se résigner face aux rapports de forces qui pèsent sur la balance souvent au profit des ‘’plus forts ‘’ demande du courage et constitue «  une responsabilité universelle » en ce bas monde marqué par de multiples conflits, comme le soulignait déjà le Pape Jean Paul II, le 17 octobre 1986, lors d’une ‘’ réflexion sur la paix dans le monde ‘’.

Ainsi, sur la question spécifique de la Libye, par exemple, « je garde espoir que la tenue de la conférence de réconciliation interlibyenne produira les effets escomptés en retrouvant définitivement le chemin de la paix en 2023, après l’organisation des élections générales libres et transparentes et la mise en place d’un gouvernement unique », a plaidé Denis Sassou N’Guesso face au corps diplomatique accrédité au Congo, et en soulignant que cette conférence se doit d’être « inclusive, constructive et consensuelle afin d’aider à cultiver les vertus du dialogue entre libyens et en vue de la construction de la nation et de la civilisation libyenne ».

Depuis mai 2011 et suite à l’assassinat du Guide libyen Mouammar Kadhafi , la Libye se trouve confrontée aux injonctions et conditionnalités prescriptibles des « faiseurs de démocratie », alors qu’ils tirent souterrainement les ficelles pour opposer les différents clans et tribus qui s’affrontent régulièrement par milices interposées.
En sa qualité de président du Comité de Haut niveau de l’Union africaine pour la Libye, le président Denis Sassou N’Guesso n’a de cesse appelé les les différents chefs de tribus et clans qui constituent la base sans laquelle la gestion du pouvoir en Libye serait difficile, autour des valeurs communes de paix.

Déjà, lors de du 30e sommet de l’Union africaine en 2018, il avait lancé un vibrant appel en faveur de la Libye, en ces termes :

« La voix de l’Afrique doit être écoutée. Les pays d’Afrique doivent être solidaires des décisions de l’Union africaine. Il est impérieux de prendre en compte les opinions exprimées par les Libyens eux-mêmes sur l’avenir de leur pays, au-delà des conflits qui les opposent et qu’ils peuvent surmonter. Ils demandent de ne pas abandonner la Libye. L’Union africaine et l’ONU doivent s’unir pour trouver des passerelles d’entente à fin de faire avancer le dossier libyen », disait-il.

Une conviction qui devrait déjà permettre d’organiser autour d’un forum de réconciliation, toutes les couches, les tribus, les clans, composant le peuple de la Libye.
Pour tout dire, le malheur de la Libye se trouve dans ses immenses richesses ou réserves pétrolières dont la production prévue pour plusieurs décennies a été ramenée à 1,2 millions de barils par jour du fait de la guerre, en dehors de ses importantes réserves de mines d’or non encore exploitées.

D’un point de vue général, les contrats pétroliers semblent dicter la trajectoire du destin de ce pays d’environ 7 millions d’habitants et où le PIB par habitant est d’environ 6527 $.

Pour le Président du Comité de Haut niveau de l’Union africaine pour la Libye, l’espoir de paix en Libye est permis, nonobstant l’immixtion des puissances étrangères dans les affaires libyennes, comme c’est le cas aussi dans le différend qui oppose la RDC au Rwanda, un différend frontalier qui sent l’odeur de diamant de sang.

Malheureusement, c’est l’Afrique qui perd, tant que ses filles et fils ne comprendront par les enjeux de positionnement stratégique des grandes puissances qui savent que qui tient l’Afrique, tient le monde. Il s’agit là des ombres et lumières auxquelles les stratèges africains ne peuvent se soustraire s’ils veulent assumer l’avenir du continent et se situer dans une perspective intergénérationnelle.

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