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L’HISTORIEN THEOPHILE OBENGA CHOQUÉ PAR LA MORT INOPINÉE DE KALALA OMOTUNDE

Hommage au Pr. Kalala Omotunde
By Driss SENDA

L’hommage sur Omotunde Kalala du Professeur Theophile Obenga, dont je reconnais la teneur, a valeur de première archive à « documenter » et l’émotivité qui rejaillit de la voix et les larmes à peine voilées de cet historien spécialiste de l’histoire de l’Egypte ancienne démontrent à suffisance le poids de ce personnage mythique et mystique du vénéré descendant « d’Osiris » qu’est Kalala Omotunde.  Quelle émotion perceptible dans la voix sanglotante du célèbritissime historien Theophile Obenga et qui me replonge dans ce souvenir qui ramène en surface, l’image de deux complices debout déchiffrant devant un auditoire médusé et interloqué, les symboles de l’ancienne Egypte, les figures dont, seuls les deux, Omotunde et Obenga, avaient le secret de la science. Nous sommes à l’époque, à Lomé au Togo, lors d’une conférence sur la renaissance de l’Afrique qui réunissait nombre de hauts dirigeants et sommités intellectuelles de l’Afrique.

Oui, Professeur Theophile Obenga, Omutunde est reparti « vers la lumière des pharaons, il est dans la gloire », le confirmez-vous. Vos larmes et votre regret exemplifient le courage de cet homme hors du commun qui aura sacrifié sa vie pour sauver l’une des civilisations les plus riches au monde, mais qui aura subi le revers d’une domestication éhontée, avec pour conséquence, une désarticulation de toutes les civilisations africaines d’avant la pénétration coloniale. Je me souviens avoir lu l’ouvrage ‘’Histoire Générale de l’Afrique: La Traite négrière du XVe au XIXe siècle’’ ou un autre ouvrage intitulé ‘’ La Société des Amis des Noirs : Contributions à l’histoire de l’abolition de l’esclavage(1788-1799) de Marcel Dorigny & Bernard Gainot, pour comprendre les motivations du mépris de l’homme noir qui au demeurant, a pourtant accepté non sans résistance d’assumer cette “sodomisation” de l’histoire au cours de laquelle le continent fit l’objet d’une conspiration savamment orchestrée par des nations colonisatrices qui avaient le seul avantage de maîtriser l’art de la ruse pour soumettre parfois sans lutte armée, des chefs de certains royaumes par des artifices sans valeur. Les exemples sont légion.

Malgré votre respect légendaire de ne privilégier que les préceptes d’un monde multipolaire, multiculturaliste où devraient régner les valeurs de paix universelles et s’orienter vers une ‘’Unification’’, reflet d’une civilisation mondialisée ou mondialisante, Professeur Obenga, vous ne manquez pas de ressentir comme l’amertume du goût du sang dans la bouche lorsque les dents fauchent la langue… Sans perdre espoir, vos mots transcrivent la venue des temps nouveaux pour l’Afrique dont vous rappelez le sens du combat, la valeur de ses cultures et ses traditions incarnés par Aimé Césaire, Senghor, Mandela, Sankara, etc… Vous appelez sous forme de voix à multiples échos, les Africains à saisir la balle au bond pour que cet événement malencontreux aux relents xénophobes ou d’association de malfaiteurs ayant attenté à la vie d’Omotunde, serve de leçon pour « prendre en main notre destin d’Africain ». Un appel lancé en 2002 par l’exceptionnel Secrétaire Général de l’ONU, Kofi Annan, d’heureuse mémoire.

Oui, « le mépris des africains a ou aura une fin. Célébrons Omotunde dans l’allégresse », clamez-vous, à juste titre.  « Il est mort dans la victoire et dans la lutte. Nos morts symbolisent notre lutte. Une lumière particulière nous visitait. Celle qui nous fera se retrouver dans les champs d’Osiris, comme Omotunde », dites -vous cher Professeur Obenga. Un véritable cri de guerre, non pas avec les armes à feu, mais plutôt avec l’intelligence, les riches savoirs qui ont fait la richesse de nos riches civilisations et qui ne demandent qu’à être réappropriés, à l’effet de compter et de faire entendre de nouveau la voix d’une Afrique vertueuse, celle qui redéfinit à partir de nouveaux paradigmes, les types d’éducation, de sciences, d’économie, de justice sociale ou de modèle de sociétés qu’il lui faut.

Afrique! Lève-toi et chante ton chant de la liberté. C’est l’heure du désenchantement.

Puisse chacun de nous rechercher dans ce départ inopiné de Kalala, des relents d’un sursaut d’orgueil panafricain.  Alors, essayons d’approfondir nos recherches non seulement sur la philosophie Omotundienne, mais surtout sur le sens et la valeur du Citoyen africain, où qu’il se trouve sur cette planète que nous voulons comme un grand Village planétaire et/où chacun peut de droit jouer sa partition et se nourir de l’expérience de l’autre.  Merci Professeur Obenga. Paix et repos à l’âme de Kalala Omotunde désormais auprès des Pharaons et nos valeureux ancêtres de la cosmogonie africaine ainsi qu’à tous ceux qui ont perdu de leur sang pour la cause africaine ( Abraham Lincoln, Martin L. King, Victor Schœlcher,etc…).

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